Wish you were here

Wish you were here

En avion, je pense l’avoir déjà dit ici, j’ai toutes les peines du monde à dormir. En partie parce que je voyage en classe économique mais aussi compte tenu du bruit et du mouvement. Il y a bien sûr le bruit des réacteurs, mais également l’agitation permanente des passagers qui se lèvent, appellent l’hôtesse, le personnel qui passe régulièrement pour proposer à boire ou à manger. N’ayant jamais eu la chance d’effectuer un long courrier en business, je ne sais pas si c’est plus calme. L’espace par passager est remarquablement plus grand, du moins par ce qu’on peut en juger quand on traverse les classes supérieures. Le logement disponible pour les jambes en classe économique est souvent très juste lorsqu’on mesure 1,86m. Mais ne nous plaignons pas, il y des peines nettement plus grandes que la mienne.

Donc il me faut trouver des stratégies de sommeil. J’ai déjà eu la mésaventure de prendre des somnifères au début d’un long courrier. J’en ai avalé un dès que j’ai été assis. Voyant au bout de 30 minutes que l’effet était nul, j’ai pris un deuxième. Après encore une vingtaine de minutes supplémentaire, j’ai absorbé le 3ème comprimé en pestant contre ces somnifères qui étaient sans aucun effet. Après une nouvelle mise à l’épreuve de ma patience (qui n’est pas toujours ma plus grande vertu), je me suis rendu aux toilettes pour soulager ma vessie…. Forcément après 3 grands verres d’eau, la fonction rénale est sollicitée. Et là, un grand trou noir. Je ne me souviens que de coups répétés à la porte des toilettes « Sir ! Sir ! Are you all right ? Sir ! Sir ! is there a problem ?!!! ». Et moi me réveillant un filet de bave à la bouche, assis sur les toilettes, la tête appuyée contre le mur, complètement pâteux, et rassemblant mes esprits « Yes, yes…. no problem…. I come out…Just a moment…. ». Je n’ai pas eu le courage de demander combien de temps j’avais pu rester enfermé…. A l’époque j’habitais à Angers et après chaque vol je devais prendre un TGV depuis Roissy pour rentrer. Je me demande si ce n’est pas cette fois-ci où je me suis endormi dans le train et j’ai dû demander, penaud, qu’on vienne me chercher à Nantes (180 Km aller-retour tout de même)….

Il me fallait trouver mieux que les somnifères donc. Le dernier long courrier effectué récemment entre Singapour et Zürich de plus de 12 heures m’a permis d’essayer l’endormissement par répétition. Nouvellement abonné à Spotify (merci Benoît de moderniser ton père !), j’ai sélectionné la chanson des Pink Floyd « Wish you were here » (il en faut des lignes avant que le titre ne s’explique !) que j’ai écoutée en boucle. C’est une chanson plutôt calme et les chances de réussite étaient loin d’être nulles. Pour ceux qui ne connaissent pas (il doit y en avoir, elle date d’au moins 40 ans) le lien vers la chanson est ici, celui vers les paroles en cliquant et enfin vers la traduction ici. Je n’ai aucune idée de pourquoi j’ai sélectionné cette chanson spécifiquement. Je l’écoutais adolescent et sans comprendre réellement de quoi il s’agissait, je pensais que c’était une chanson d’amour, où le chanteur souhaitait que sa belle soit à ses côtés. On n’est pas sérieux à 17 ans comme disait Rimbaud.

Tout à mon affaire je commençais à somnoler après 6 ou 7 auditions en boucle de « Wish you were here » lorsque je me suis posé la question « Mais que peut signifier cette chanson exactement ?». Malheureusement pour mon sommeil, j’ai commencé une étude attentive des paroles et me suis rendu compte que nous étions loin de la bluette d’amour que j’imaginais adolescent et plus question de dormir pour le moment. C’est bien plus compliqué que ça. Il y a une première partie où l’interprète interroge une autre sur le fait qu’elle serait en mesure de discerner le bien du mal. Le deuxième couplet est plus un reproche sur le fait que la personne à qui il s’adresse a renié ses valeurs pour des éléments plus matériels. Le dernier couplet est celui qui reprend « I wish you were here » (je voudrais que tu sois là). C’est celui qui m’a plongé une bonne partie de la nuit dans une perplexité certaine. Le chanteur fait un parallèle entre lui et l’autre et semble dire qu’ils sont les mêmes malgré toutes leurs différences. Quelle peut être la signification de tout ceci. Au bout de 15 à 20 écoutes supplémentaires j’ai finalement dû m’endormir. Durant mon sommeil l’explication n’est pas venue.

Hors connexion Internet c’est difficile de rester sur une interrogation de ce type. Donc à ma descente d’avion j’ai tout de suite demandé à Google de m’éclairer. Il y a une multitude d’interprétations mais celle qui revient le plus souvent c’est que la chanson est écrite par David Gilmour et Roger Waters à l’intention de de Syd Barrett. Syd Barrett est un des membres fondateurs de Pink Floyd avec les 2 autres, il a dû être remplacé par David Gilmour suite à son internement en asile psychiatrique à cause de ses excès de drogues et d’alcool. C’était l’esprit des Floyd, la source d’inspiration et de recherches de nouveaux sons, concepts… qui ont fait la belle époque du groupe. Suite à son internement (visiblement assez long – plusieurs durées différentes mentionnées sur le Net) il est venu rendre visite à ses anciens partenaires qui l’ont trouvé métamorphosé physiquement et moralement. Ce serait ces retrouvailles et la déception devant le changement total de leur ami que raconte la chanson. Il parait que « Shine on you crazy diamond » toujours des Pink Floyd est sur le même thème. Mon prochain vol long-courrier, j’essaye « Wither shade of pale » mais pas la version de Procol Harum, celle de la belle Annie Lennox et de sa voix suave. Peut-être donnerai-je une explication. A bientôt.

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