La Suisse merveilleux pays

La Suisse merveilleux pays

En faisant des courses hier, j’ai fait ma première plaisanterie en allemand avec la caissière. Elle a même fait sourire tous ceux qui l’ont entendue. Après près de 5 ans sur place je ne me rends pas compte si c’est lent, normal ou rapide. Toujours est-il que j’apprécie de plus en plus ce pays. Ils ont une force de caractère étonnante les suisses : cernés par l’Europe ils continuent à vivre selon leurs propres normes. Et ils y arrivent avec une réussite respectable : 18 années consécutives d’excédents budgétaires, moins de 3% de chômage, une dette contenue à moins d’un tiers du PIB. Le système suisse favorise l’individu et le met face à ses responsabilités, on trouve donc une société respectueuse d’autrui et soucieuse de préserver sa liberté.

Déterminés à vivre selon leurs normes, les suisses n’ont pas laissé l’extérieur leur dicter quoi que ce soit. Ils sont attachés à leurs traditions, leur culture, la liberté et entendent les garder. Le pragmatisme les incite à choisir entre les normes techniques existantes ou la création d’une règlementation plus évoluée. Par exemple les normes pour l’électricité domestique permettent d’avoir des prises plus sûres, plus petites qu’en Europe. Sur un emplacement double où il y a une prise et un interrupteur, la norme est si bien faite qu’on peut acheter un interrupteur de rechange sans se préoccuper de la marque : il se montera. Un autre exemple des normes suisses supérieures aux normes européennes ou mondiales apparait sur les panneaux de circulation. Bien entendu le code de la route général est le même qu’en Europe. En présence d’un de virage dangereux en Europe on utilise le panneau standardisé en triangle. Ici les plus dangereux montrent un schéma de la vue d’en haut du virage : on a une idée du niveau et de l’origine possible du danger. Plus anecdotique, il n’est pas rare non-plus de voir sous un panneau d’annonce de stop la distance exacte annoncée : 14m, 19m ou 36m…. Précision suisse!

Il y a 2 sujets sur lesquels les suisses n’hésitent pas : l’éducation et l’armée. Les salles de classe sont particulièrement bien équipées, les effectifs sont limités autour de 20 élèves. Le parcours des élève est suivi, aucune filière n’est limitative, on peut devenir ingénieur même si on a choisi la voie de l’apprentissage. Le travail et l’investissement personnel sont valorisés. J’ai déjà entendu de très nombreuses fois cette phrase de bon sens « C’est normal, nos enfants sont l’avenir« . Pour ce qui est de l’armée, elle concerne tous les jeunes hommes de 18 à 30 ans. Une formation initiale de 124 jours est à effectuer et 6 périodes de répétition de 19 jours. Selon le grade atteint l’ensemble peut être plus long. La Suisse est neutre mais son armée est efficace et bien entraînée pour pouvoir préserver cette neutralité. Pendant la 2ème guerre Mondiale Hitler avait demandé l’autorisation de faire passer des trains militaires en Suisse pour envoyer des renforts aux troupes hongroises qui ne venaient pas à bout de la résistance grecque. Devant le refus de la Confédération Helvétique pour raison de neutralité Hitler aurait déclaré lorsque ses conseillers le pressaient de passer outre ce refus « Il faudrait être téméraire pour s’en prendre à l’armée suisse, les hongrois attendront ».

Tout n’est pas rose en Suisse, il reste des pratiques étonnantes dans ce pays de libertés : les télécommunications dépendent du monopole de Swisscom. Tout opérateur de téléphonie fixe ou mobile dépend du réseau de Swisscom. Donc clairement un marché non libre. Il y a d’autres cas de monopoles ou de contingents qui sont surprenants. Elever des enfants en tant qu’expatrié en Suisse alémanique entraine des conséquences sur leur niveau de français bien que nous ne parlions que français à la maison. Ma fille qui reçoit des leçons de français est impliquée par l’enseignant pour aider ses camarades. Ce qui n’empêche pas d’avoir une idée très lointaine, bien qu’elle lise beaucoup dans notre langue, de la grammaire française : « C’est quoi un complément de sujet ? » m’a-t-elle demandé récemment. En ce qui concerne mon fils qui est arrivé à 5 ans, il parle français en construisant des phrases comme un allemand. Ça reste correct et compréhensible mais on a l’impression que le français n’est pas sa langue maternelle.

Helvétique un jour ? Je crois bien que oui, je demanderai le passeport suisse dès que je remplirai les conditions. Pour les langues, il faut parler au moins une de celles de la confédération, mais il doit y avoir un minimum en allemand dans les cantons alémaniques. Il faut également 10 ans de résidence (sans histoire bien entendu), donc il se passera encore quelques années avant de postuler.

A bientôt

 

(Toutes les photos ont été prises à Zürich un soir de pluie dans le quartier de Hardbrücke)

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