Lexique impoli et incomplet de « Schwytzerdütsch »

Lexique impoli et incomplet de « Schwytzerdütsch »

En tant que happy few lecteur de ce blog, tu seras happy d’apprendre qu’un outil de performance scientifique et de recherche fondamentale démarre dans les quelques lignes qui suivent. Je précise recherche fondamentale car rares auront la chance de vérifier in-vivo ce qui suit. Il faut en premier ingrédient avoir un enfant qui pratique le football dans la partie Oberland du canton de Zürich. On n’hésite pas à se spécialiser sur « Le Blog de Philippe en Voyage d’affaire » comme tu vois. Les tournois sont des modèles d’organisation et de moyens mis en œuvre : Régie son, musique d’ambiance étectro-planante, QR code qui t’envoie vers une application où tu reçois les actualisations des résultats en direct sur ton smartphone, affichage d’orientation immanquable.

 

Donc accompagnant l’enfant dont je suis équipé, je suis l’évolution de son goût pour la balle à 11. Il parait toujours passionné et joue de plus en plus, et avec le sourire. Il me faut socialiser avec les pères pour améliorer ma compréhension du Schwytzerdütsch (le dialecte local dans la région où je réside). On parle des pères pour le football, j’entends peu de femmes se proposer pour aller passer un samedi après-midi au gymnase ou se déroule un tournoi indoors. L’égalité est moins égale pour les hommes sur ce point précis. Que les lectrices féminines ne se sentent pas offensées, c’est un constat assez peu discutable. J’essaye quelques mots avec les autres géniteurs d’enfants et je comprends assez vite que j’ai des progrès à faire en Schwytzerdütsch. C’est un peu gênant. En clientèle je demande toujours si on peut parler en Hochdeutsch (le « haut » allemand), mais c’est plus délicat en relations sociales.

Il me faut maintenant lâcher en quoi consiste l’expérience unique à laquelle tu participes. Apprendre le Schwytzerdütsch en utilisant des situations pratiques de la vie quotidienne. Pour être totalement exact il faudrait préciser le Züridütch von Zürich Oberland. Je vais me limiter au premier nom de Schwytzerdütch par paresse.
Résultat N°1 de l’expérience scientifique : tu n’as jamais dans un texte si court lu le mot « Schwytzerdütsch » autant de fois.
Résultat N°2 : si ce record doit un jour être battu, les circonstances seront certainement très amusantes.

Tout en suivant les évolutions footballistiques de la progéniture des autochtones à laquelle j’ai mêlé une partie de la mienne, je peux illustrer le propos précédemment énoncé. Et si je te donnais quelques exemples me demanderas-tu gourmandement ?

Exemple 1 :

Situation : Ton équipe est menée 1 à 0 en dépit de sa possession de la balle. Malgré 5 occasions impossibles à rater le score reste vierge du côté que tu supportes. Une 6ème tentative avorte encore.
En français : « Ciel, le manque d’éléments fortuits en notre faveur se fait cruellement sentir et je crains que nos petits ne perdent un tantinet la motivation pour inverser ce mauvais coup du sort ».
En Schwyzerdütsch : « Schiessdreck ! » que l’on peut traduire par « sale merde ».

Exemple 2

Situation : L’arbitre prend des décisions systématiquement en défaveur de ton équipe. Il a même le carton jaune trop facile et toujours contre les mêmes.
En français : « Palsambleu ! Mais comment se fait-il que cette personne montre aussi ostensiblement sa préférence pour nos adversaires ? »
En Schwyzerdütsch : « Schafseckel ! » que l’on peut traduire par « couille de mouton »

Exemple 3

Situation : ton enfant affamé après tant d’efforts à diriger une balle vers les cages adverses engloutit à ton côté un sandwich plus ou moins industriel et tu dois te débarrasser des emballages.
En Français : tu recherches autour de toi une poubelle.
En Schwyzerdütsch : Où que tes yeux se portent tu peux voir des poubelles en nombre suffisant et ne débordant pas. Sur ces dernières, est écrit « mir ischs nöd egal. Ich sammle de Abfall » que je traduits : « ça ne m’est pas égal. Je rassemble les déchets »

mir ischs nöd egal

Hilare, en me relisant, l’atmosphère surchauffée et chargée en sueur y est certainement pour quelque chose, j’espère que tu apprécieras la finesse des suisses au travers des subtilités du Schwytzerdütsch tel qu’il est parlé dans le Züri Oberland.

Résultat N°3 : tes progrès en Schwytzerdütsch sont fulgurants. Tu t’étonnes toi-même et tu te sens de plus en plus prêt à te lancer à la découverte de la Suisse alémanique. Prudence cependant, en cette saison le climat est plutôt hostilement froid.

A bientôt !

PS: Depuis que je suis passé en France, une chanson de « Bon Entendeur – Le temps est bon » me poursuit.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.