Au fil des rues du quartier Chuansha à Shanghai.

Au fil des rues du quartier Chuansha à Shanghai.

En fin de séjour en Chine, j’ai quelques heures de libre pour visiter. Ce n’est pas parce que je voyage beaucoup que je peux beaucoup visiter. Ici on est sous surveillance permanente, il y a des caméras partout. C’est particulièrement vrai pour les intersections où chaque automobile est photographiée. Les flashes crépitent sans cesse.

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Retour dans l’Empire du Milieu

Retour dans l’Empire du Milieu

Chine carteMe voici de nouveau en Chine. C’est mon 3ème voyage professionnel dans l’Empire du Milieu et le 2ème cette année. Il faut dire que les affaires avec Monsieur Demi-Merci (ceux qui n’ont pas suivi et qui sont intéressés peuvent trouver le début en 2016 ici, la suite en 2017 ) sont en voie de développement certain. Je suis arrivé à Shanghai mardi matin et nous avons pris 2 vols pour la province de Yunnan avec comme destination Kun Ming. Durée de voyage : 22 heures avec 6 heures d’avance par rapport à l’Europe. La carte ci-après donne une idée du trajet à cet instant soit 3 jours et 2 nuits sur place. Le plus petit trait rouge représente 250 Km pour donner une idée de la taille du pays

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Du coq à l’âne avant de quitter Shanghai

Du coq à l’âne avant de quitter Shanghai

Ce séjour de 2 semaines est passé comme un coup de vent et l’histoire nous dira si nos affaires seront florissantes ici.

J’ai déjà parlé des automobiles mais pas de la circulation. Elle est étonnamment paisible et souple. La cohabitation entre les différents engins sur route est ponctuée de coups de klaxon mais les conducteurs sont très calmes en ville comme sur routes ou autoroutes. En 2 semaines je n’ai assisté à aucune invective entre conducteurs. Il faut bien dire que comme à chaque intersection en ville on est photographié, les automobilistes n’ont certainement pas envie de faire les malins. Sur routes l’intervalle entre 2 portiques qui flashent 100% des véhicules qui passent est de 10 à 15 Km. Très Big Brother dans l’esprit.

En 2 semaines on a été contrôlé sur la route plus de fois que de toute ma vie d’automobiliste en Europe (environ1200 Km parcourus pendant le séjour contre autour 1,5 millions de Km pour donner une idée). Les papiers de tous les occupants, du véhicule et permis de conduire sont scannés avec un appareil de la taille d’un smartphone pour ceux appartenant aux chinois. Quant à moi j’étais dévisagé de longues secondes par des policiers patibulaires qui essayaient de lire dans mon regard ce que j’avais à me reprocher. Ce rappel de l’état de dictature du pays est assez flippant dois-je dire.

Parmi les choses inhabituelles que j’ai mangées mais pas encore mentionnées, il y avait des feuilles de chrysanthèmes en salade, des têtes de poissons, des peaux de poissons frites, du tendon de bœuf. J’en oublie certainement. Vivement un saucisson et du fromage. Un bon café aussi sera une des premières choses à laquelle je m’attaquerai. Georges Clooney et ses capsules ont un grand avenir ici, les meilleurs cafés que j’ai bus étaient lyophilisés.

En Europe on appelle les toilettes sans cuvette « à la turque » mais d’après les chinois c’est une invention chinoise que les turcs (ou les ottomans à l’époque) ont ramené de leurs expéditions en Chine. Ensuite lors des croisades on a découvert ce type de lieux d’aisances et cru que c’était une invention ottomane. Ce qui a d’étonnant, et pour moi totalement bloquant, c’est que dès qu’on sort des villes, les cabines ne sont pas munies de porte. J’aime bien mon intimité dans ces moments-là en particulier pour la grosse commission….

Dans les usines, et particulièrement celles d’état (et l’état est présent dans absolument tous les domaines), tout le monde a un uniforme identique de couleur comprise entre bleu marine et kaki. Théoriquement pour niveler la hiérarchie, égaliser l’importance du rôle de chacun et signifier que chacun dépend du travail des autres et inversement. L’esprit communiste en 2 mots. En revanche si on regarde la chemise qui est portée sous la veste, les chaussures ainsi que la fraicheur du « costume » tout doute dans la position hiérarchique est assez facilement levé. A partir d’une certaine position dans les entreprises d’état il est opportun d’arborer le pin’s du Parti Communiste Chinois. C’est assez « décalé » de rencontrer un type en uniforme kaki avec son iPhone dernier cri (très souvent dorés les iPhone), sa chemise Ralph Lauren et le badge officiel du parti….

Quelques photos pour finir.

 

Ce ne sont pas les gros qui mangent les petits, ce sont les rapides qui mangent les lents.

Ce ne sont pas les gros qui mangent les petits, ce sont les rapides qui mangent les lents.

Je crois dur comme fer en cette phrase que l’on prête à Confucius, et particulièrement en ce qui concerne les affaires. Sans me vanter de mes succès (j’ai quand même eu mon lot d’échecs voire de plantages magistraux) cette maxime m’a souvent guidée dans mes choix stratégiques commerciaux.

Je suis en Chine depuis 1 semaine, c’est mon 2ème voyage d’affaires. Le premier a eu lieu il y a moins d’un an en novembre 2016 et je trouve que les chinois vont extrêmement vite. Je me demande ce qui va se passer, nous sommes dans le cas où le gros, en plus d’être gros va très rapidement. Quelques exemples ci-après.

QR CodeL’an dernier ce n’était pas le cas, mais en 11 mois on peut tout payer partout à base de QR Code (plus de de détails sur les QR Code cliquer : ici). Quand je dis tout je n’ai pas l’impression d’exagérer : les marchands de rue qui vendent des fruits, des beignets ou tout un tas de choses sur une charrette ou à même le sol sont équipés. Tous ceux qui ont quelque chose à vendre ont un petit écriteau plastifié où figure leur QR Code. Le client scanne l’écriteau avec son téléphone, indique le montant et le vendeur scanne à son tour le code que le client a reçu de sa banque. La transaction est effectuée en 5 secondes. Pas de terminal de paiement comme ceux que l’on connait pour les cartes bancaires en Europe. Pas minimum de paiement ni de frais bancaires pour le vendeur (comme c’est le cas chez nous pour les paiements par carte bancaire) ni pour l’acheteur. On peut bien entendu y voir une possibilité d’intrusion du gouvernement à des fins de contrôle des échanges au travers des banques. C’est d’autant plus vrai en Chine où les banques sont nationalisées. Ça n’en reste pas moins un progrès rapide qui va vers la suppression de l’argent liquide.

La proportion de voitures de fabrication chinoises avec des marques dont nous n’avons la moindre connaissance me parait en forte croissance. Sur un parking en attendant mes partenaires, en 2 ou 3 minutes j’en ai vu 6. En gros il doit y en avoir 12 à 15 quand même.

Ces voitures sont largement au niveau des nôtres et, d’après mes partenaires, elles sont aussi fiables et sûres que les fabrications occidentales. Leur design est correct et elles paraissent équipées du même confort que les modèles les plus récents que l’on trouve en Europe ou aux USA. Une fois que le marché de ces fabricants locaux sera mature, on peut présumer que nous verrons des concessionnaires de ces marques débarquer. D’ici là, certaines auront disparu ou seront absorbées mais notre industrie automobile devra faire preuve de sa capacité à innover pour garder sa position.

La marque occidentale la plus présente est VolksWagen (Voiture du Peuple en traduction littérale). Grâce certainement à sa présence assez ancienne en Chine (plusieurs usines sur place en nom propre et également plusieurs pour la production de voitures sous licence – On voit des Passat identiques sous les noms Passat, Magotan et Sagitar) mais aussi grâce à son nom : la Voiture du Peuple en République Populaire de Chine, ça ne pouvait pas mal se passer !

WeChatMon dernier point au sujet de la rapidité des chinois sera WeChat. L’an dernier lors de mon premier passage, je découvrais que les chinois n’utilisent pas WhatsApp pour les messages mais WeChat (disponible sur AppStore et Android si vous voulez essayer). En 11 mois je n’ai pas l’impression que WhatsApp ait beaucoup évolué. En revanche WeChat est devenu une multiplateforme. Il y a des fonctions relatives à la messagerie comme la traduction instantanée, un mini FaceBook où l’on suit ce que font, disent, mangent, publient nos contacts. Il y a des fonctions de localisation qui ont été développées pour trouver des voitures (type Uber ou BlaBlaCar) pour aller n’importe où. On a beaucoup utilisé ce système et je pense qu’on a attendu moins de 5 minutes même dans des zones profondément reculées. Si on cherche un restaurant pas besoin de TripAdvisor : WeChat est là. Si on veut prendre un équivalent Velib : WeChat. Les entreprises commerciales ont des sites spéciaux sur WeChat. Et d’autres services que j’oublie.

Lors de mon tout premier voyage en Chine il y a presque 12 ans j’avais lu un livre écrit par un chercheur américain (titre, auteur et édition oubliés) qui établissait qu’avant 1830 la Chine représentait un tiers du commerce mondial. Il y a eu à cette époque plusieurs guerres contre le Japon, la Grande-Bretagne et la France. La guerre civile des communistes contre les nationalistes (1920-1949) et la 2ème guerre mondiale avec de nouveau l’invasion japonaise. L’expérience communiste « pure » de Mao Zedong n’a fait que ralentir le développement économique. Bref ce chercheur disait qu’à l’horizon 2030 (demain donc) la Chine représentera 33% voire plus du commerce mondial. Et s’il ne s’était trompé que 4 ou 5 ans… 2025 ?

A table!

A table!

Mon partenaire en affaires, du moins pour une partie de mes activités, en Chine est M. Demi-Merci (voir les épisodes précédents en Chine). En Europe nous avons une approche très méthodique des clients et prospects : on vérifie que l’activité correspond bien à ce qu’on croyait (dans le cas des prospects), on questionne pour identifier des besoins et éventuels décalages entre ce que le client a et ce qu’il voudrait avoir. Ou encore ce qu’il va devoir avoir. Puis on argumente sur les bénéfices apportés, les gains que l’on peut attendre, etc. On est avant tout dans le professionnel. Pour mettre de l’huile dans les rouages de la décision ou pour conforter le client on entre après dans le relationnel.

Demi-Merci attaque directement en demandant ce qu’ils utilisent, combien ils payent et ensuite quelle que soit la réponse « on a un meilleur produit». Il ne présente aucun argument et cherche seulement à comprendre les circuits de décision. Une fois qu’il pense avoir compris il réunit les décideurs autour d’une table et fait en sorte qu’ils soient contents. En d’autres termes qu’ils puissent absorber la quantité d’alcool de riz qui les réjouira. Et tout au cours des repas moult « Kampé ! » et autres « trinquages » de verres ponctuent la conversation. Conversation qui devient de plus en plus libre au fur et à mesure de l’absorption du « vin blanc » comme ils appellent l’alcool de riz (42 à 55 % d’alcool tout de même donc « un peu » plus que du vin !). Et tranquillement il extorque des promesses à l’ensemble du circuit de décision.

Pendant les repas il veut aussi réjouir ses convives avec des mets  raffinés. Ce qui m’a permis de goûter à de la tortue et de l’estomac de porc. Dans la tortue la chair des pattes se mange ainsi que la carapace bouillie. Autant la chair est délicieuse, autant la carapace donne l’impression de manger une chambre à air. Pour ce qui de l’estomac de porc c’est tout simplement délicieux. Il est découpé en lanières et préparé dans un bouillon aux épices et champignons.

Le côté pénible des repas avec des chinois c’est qu’ils mastiquent la bouche ouverte …. Et quand 4 personnes mangent bruyamment, j’ai un peu de mal….

Sa méthode parait efficace. Une des sociétés rencontrée est filiale d’un de mes prospects en Allemagne et j’ai obtenu des contacts ainsi  que l’opportunité de dire «  ça fonctionne dans votre usine en Chine, vos collègues chinois sont ravis, pourquoi ne pas essayer ? ». M. Demi-Merci me demande de rester avec lui en Chine, je lui porte bonheur !

Hier soir prétextant avoir pris des médicaments je suis resté à la bière. Donc j’ai pu ramener M. Demi-Merci à l’hôtel puisqu’il ne marchait plus tellement droit après 3 bouteilles de « vin blanc » à 4 personnes et qu’il avait oublié le chemin. Cet après-midi, nous sommes dans l’aéroport de Hefei. Une ville de 5 millions d’habitants dont je n’avais jamais entendu parler avant d’y venir ce qui montre l’ignorance de l’occident à propose de la Chine. A notre décharge la Chine est restée longtemps fermée au monde. Nous attendons un avion qui est annoncé avec un retard non précisé, et M. Demi-Merci est encore très fatigué de sa soirée. Il somnole en penchant dangereusement vers son voisin. Se réveillera-t-il avant que sa tête se repose sur l’épaule de cet autre passager dans l’attente?

Avant-hier soir nous sommes allés à pieds visiter le centre de Changsha. Dans un « food court » où l’on trouve une variété de stands chacun spécialisé dans un ou 2 plats j’ai découvert un stand qui proposait des brochettes en bois avec des aliments frits ou cuits à la braise. Comme l’an dernier j’ai goûté à du serpent de des langues de canard, j’étais parti en me disant que j’allais tout essayer. Mais à la réflexion, non !

Bon appétit.