Une semaine de profil

Une semaine de profil

Cette semaine je suis en Egypte pour la première fois de ma vie. J’ai quitté Zürich avec 0°C et je suis arrivé au Caire où, la journée, il doit faire 25 à 28°C. Attention au choc thermique dans l’autre sens.

C’est grand l’Egypte et très peuplé (plus de 92 millions avec une croissance de 2% par an) mais 90% de la population vit dans la partie fertile autour du bassin du Nil. J’ai lu sur Wikipédia (ça ne vaut que ce que ce que les contributeurs y mettent mais comme ils sont nombreux c’est souvent un bon départ lorsqu’on veut se renseigner sur un sujet) que jusqu’à l’interdiction de l’excision, 96% des femmes étaient excisées. En dépit de l’interdiction intervenue seulement en 1996 et confirmée par la cour de cassation en 1997 (il n’y a donc que 20 ans…), environ 16% des femmes subiraient encore cette barbarie…. Edifiant. Le lien Wikipédia est ici.

J’ai retrouvé de nombreuses marques de voiture chinoises que je mentionnais dans un précédent billet (ici). Mes craintes pour l’automobile européenne se confirment. En Egypte les route sont de qualité médiocres et les conditions de circulation à 50°C avec de très nombreux embouteillages (il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que le Caire est un bouchon géant) et les redémarrages multiples sollicitant l’embrayage, le tout avec le sable fin qui s’infiltre partout. Un test de résistance assez significatif. Un chauffeur de taxi qui conduisait une BYD (donc chinoise) grande comme une berline familiale (408, C5, A4, Passat…) qui affichait 308000 Km avec l’embrayage d’origine et un intérieur encore présentable me disait que sa précédente Mercédès n’avait pas duré aussi longtemps avant de devoir changer des pièces indispensables.

Je réside dans un hôtel situé dans la Ville du 6 Octobre. Ce nom a été donné à cette ville nouvelle en raison des premiers jours victorieux de la guerre du Kippour contre Israël. L’Egypte et la Syrie avaient attaqué, au moment où personne ne s’y attendait, le jour du Kippour (le grand pardon des juifs qui commence par un jour de jeune -plus d’informations sur « Yom Kippour » ici et plus d’informations sur la « guerre du Kippour » ) qui tombait en plein ramadan cette année-là (1973). Donc le 6 octobre 1973 et les jours qui ont suivi ont été la seule période victorieuse de l’Egypte dans ses confrontations avec Israël. ça vaut bien une ville! Ensuite la situation s’est inversée… Mais je ne vais pas détailler ici, un blog ne suffirait pas à tout expliquer !

Entre 2 clients situés dans la Ville du 6 Octobre j’ai pu me rendre sur le site le plateau de Gizeh (à quelques kilomètres de là) où j’ai pu visiter les pyramides de Gizeh et le Sphinx. Ce dernier m’a semblé plus petit que ce à quoi je m’attendais. Il est vrai que l’échelle que j’en avais m’a été donnée par Goscinny et Uderzo dans Astérix et Cléopâtre. Obélix pour admirer la vue en hauteur escalade le Sphinx et casse le nez.  Bien que je n’ai jamais cru à cette version pour la disparition du nez, je dois admettre qu’Obélix me le faisait imaginer plus grand. J’ai fait mon touriste à dos de dromadaire pour faire le tour du site. Ce sont des animaux paisibles bien que de hauteur de l’ordre de 2 mètres. En descente c’est quand même impressionnant. « Lean back Mr. Philippe, lean back when we go down » me disait mon guide à chaque descente. Il s’appelle Mohamed et a 3 filles. Son dromadaire s’appelle Rambo et m’a pissé sur les chaussures. Ces animaux lâchent environ 3 litres en très peu de temps et je n’ai pas anticipé. Pipi de chameau et sable, je ne pouvais pas aller chez mon deuxième client dans cet état. Un bon nettoyage des chaussures s’est imposé.

Je profite de ce billet un 14 novembre pour souhaiter un bon anniversaire à ma belle-mère. Si elle me lit elle saura que j’ai pensé à elle. Suspens !

Quelques photos pour finir.

Du coq à l’âne avant de quitter Shanghai

Du coq à l’âne avant de quitter Shanghai

Ce séjour de 2 semaines est passé comme un coup de vent et l’histoire nous dira si nos affaires seront florissantes ici.

J’ai déjà parlé des automobiles mais pas de la circulation. Elle est étonnamment paisible et souple. La cohabitation entre les différents engins sur route est ponctuée de coups de klaxon mais les conducteurs sont très calmes en ville comme sur routes ou autoroutes. En 2 semaines je n’ai assisté à aucune invective entre conducteurs. Il faut bien dire que comme à chaque intersection en ville on est photographié, les automobilistes n’ont certainement pas envie de faire les malins. Sur routes l’intervalle entre 2 portiques qui flashent 100% des véhicules qui passent est de 10 à 15 Km. Très Big Brother dans l’esprit.

En 2 semaines on a été contrôlé sur la route plus de fois que de toute ma vie d’automobiliste en Europe (environ1200 Km parcourus pendant le séjour contre autour 1,5 millions de Km pour donner une idée). Les papiers de tous les occupants, du véhicule et permis de conduire sont scannés avec un appareil de la taille d’un smartphone pour ceux appartenant aux chinois. Quant à moi j’étais dévisagé de longues secondes par des policiers patibulaires qui essayaient de lire dans mon regard ce que j’avais à me reprocher. Ce rappel de l’état de dictature du pays est assez flippant dois-je dire.

Parmi les choses inhabituelles que j’ai mangées mais pas encore mentionnées, il y avait des feuilles de chrysanthèmes en salade, des têtes de poissons, des peaux de poissons frites, du tendon de bœuf. J’en oublie certainement. Vivement un saucisson et du fromage. Un bon café aussi sera une des premières choses à laquelle je m’attaquerai. Georges Clooney et ses capsules ont un grand avenir ici, les meilleurs cafés que j’ai bus étaient lyophilisés.

En Europe on appelle les toilettes sans cuvette « à la turque » mais d’après les chinois c’est une invention chinoise que les turcs (ou les ottomans à l’époque) ont ramené de leurs expéditions en Chine. Ensuite lors des croisades on a découvert ce type de lieux d’aisances et cru que c’était une invention ottomane. Ce qui a d’étonnant, et pour moi totalement bloquant, c’est que dès qu’on sort des villes, les cabines ne sont pas munies de porte. J’aime bien mon intimité dans ces moments-là en particulier pour la grosse commission….

Dans les usines, et particulièrement celles d’état (et l’état est présent dans absolument tous les domaines), tout le monde a un uniforme identique de couleur comprise entre bleu marine et kaki. Théoriquement pour niveler la hiérarchie, égaliser l’importance du rôle de chacun et signifier que chacun dépend du travail des autres et inversement. L’esprit communiste en 2 mots. En revanche si on regarde la chemise qui est portée sous la veste, les chaussures ainsi que la fraicheur du « costume » tout doute dans la position hiérarchique est assez facilement levé. A partir d’une certaine position dans les entreprises d’état il est opportun d’arborer le pin’s du Parti Communiste Chinois. C’est assez « décalé » de rencontrer un type en uniforme kaki avec son iPhone dernier cri (très souvent dorés les iPhone), sa chemise Ralph Lauren et le badge officiel du parti….

Quelques photos pour finir.